IL COURT, IL COURT

(AVEC)  Anne Bourbon, Victor Donnart, Simon Mallerault

Juin 2015  ///  150/70/100 cm
7 projecteurs de diapositives, chariot et materiel électirique 

 

 

 

« Mon premier est un gratte-ciel. Mon deuxième est un grand ensemble. Mon troisième est une banque, ou une école, ou un bureau de poste. Mon tout se trouve à New York, Sarcelles, Rotterdam ou la Défense. C'est...le style international, à qui nous devons cubes de béton, façades en verre fumé et ces intérieurs beige-noir-blanc cassé à quoi semble se réduire l'architecture moderne.» Tom Wolf - Il court, il court, le Bauhaus.

Notre travail commence par l'analyse de deux références qui établissent une critique du Bauhaus. Il court, il court le Bauhaus de Tom Wolf, un essai sur la colonisation de l’architecture. Il met en évidence l’aspect parfois sectaire de cet enseignement et la rigueur inconfortable qu’il dégage. La notion de déplacement est également à prendre en compte car elle renferme selon Wolf une colonisation. Un débarquement aux Etats-Unis qui marque la naissance du style international. La deuxième référence est le film Play Time de J. Tati. Il formule lui aussi une critique de l'héritage du Bauhaus qui engendre une société mécanique, cyclique et parfois stupide. Un détournement humoristique de la rigueur qu’avance Walter Gropius mêlé à une application littérale de la primauté de la construction avec la mise en place de Tati ville comme décor du film. Des prises de position qui ont nourrit notre travail et vis à vis desquels nous avons également été critiques. Il s’agit ici de synthétiser les notions de secte, de déplacement et d’enseignement à travers une installation cyclique et transportable. Cependant, à l’inverse des théories de Tom Wolf, elle tend à montrer l’ornementation que peut dégager la surface lisse et réfléchissante du béton, comme un marbre des temps modernes.